Valentin, ma lueur d’Espoir.

LUI.
OK. Je tenais à vous parler de lui. C’est pas mon mec. C’est pas mon enfant. Pas mon frère. Pas mon fils. Pas mon ami. C’est pas un adulte.
Parfois tout tournoie autour de moi. Parfois, moi, je me noie. Je sais pas. Je sais pourquoi je suis là. Je sais pas où je vais. Je doute de mes choix. Je doute de tout. Je doute de l’existence. Parfois, tout me semble flou. Tout tourne autour de moi et je cherche l’air. Je vois par la fenêtre les gens qui vont dehors malgré l’interdiction. Je suis essoufflée, par une course, vers l’envie de croire en l’humanité. Tout tournoie autour de moi.
Un PDG fuit le Japon, un pédophile fuit les USA, quand on a de l’argent ça semble plus facile de s’extraire des lois. Serial violeurs, séquestration de personnes, avion touristique qu’on abat en plein vol, enfants abandonnés inadoptables, immigrés aux portes des frontières qu’on vire à coups et sang, bombes, malnutrition, yeux fermés face à la pauvreté, système défaillant, ne rien perdre pour les autres. Pas de sacrifice. RESPIRER.
Et autant qu’à faire, je vois mes potes et ceux que j’aimes qui se disent que pour supporter le monde et leurs vies, il y a toujours les médicaments, les drogues et l’alcool. Puis, il y a les applications, vites-faits, biens-faits. Ouais. Les bien-pensants sont insultés. De toute façon, on fait jamais assez bien pour eux, il faut dire. On arrête de manger de la viande, ouais et le lait ? Et les œufs ? Et ce que tu achètes, c’est bio ? C’est local ? Il faut manger bio, local, et végétal. T’inquiète c’est pas si cher que ça. Puis, si t’étais une vraie de vraie qui s’inquiète pour les autres, tu vivrais à la campagne en auto-gestion ! Et t’irais à l’étranger, aider les autres. Qu’est-ce que tu fous pour les autres ? T’existe pour quoi ? T’existe au moins. C’est quoi la différence entre vivre, survivre, exister. RESPIRER.
Encore des cris. Encore des bruits. Aller à la thérapie. C’est comme la lettre sur le bureau, on cherche partout mais elle est là. Ok. On est quoi ? Croie en dieu ! Croie en mon dieu, c’est le même que le tien mais appelle-le comme moi ! PEU importe ce que tu fais, c’est ta sexualité qui compte ! Ouais, les autistes savent pas se faire des amis ! C’est quoi le syndrome d’Evans ? C’est quoi le syndrome d’Asperger ? Si tu devais crever, pourquoi t’es pas morte, j’avais déjà acheté des fleurs ! L’amour ne sert à rien. Vive le pluri-amour, c’est quand qu’on se marie ? C’est quand qu’on divorce ? C’est mieux de savoir ce qu’on est pour avancer. Je suis quoi déjà ? T’es blanche, t’es une privilégiée. T’es une femme, tu ne l’es pas. T’es une femme, ça va, il y a pire que ça. As-tu simplement déjà essayé d’être autre chose que ce que ton ADN a fait de toi. Reconnais que ton peuple est celui des colonisateurs et qu’il a assouvi le mien. Quel peuple ? Je sais même pas les origines de mes parents. Ils parlent pas de leurs passés. Ma famille paternelle que j’ai tant aimé sait-elle seulement que j’existe ? Ma famille maternelle, je me souviens à quoi elle ressemble. RESPIRER.
Les héros du quotidien, oubliez. On réalise que maintenant que les hôpitaux bossent durs ? Sérieux ! Et merde, la fin de vie. C’est quoi cette indécence ? Je comprends que dalle. Va falloir m’expliquer pourquoi des entreprises continuent de bosser alors qu’elles pourraient protéger leurs employés et les mettent en télétravail comme les opérateurs téléphoniques. Et des putains d’actes de solidarités accusés d’être égoïstes. C’est quoi que je construis exactement ? Un appartement ? C’est ça que je voulais. Vivre à Paris, ouais ? C’est sur que je voulais. J’en ai assez. Marc, Sam. Vous êtes où au fait ? Ah ouais. C’est vrai. Et les cousins ? Merde. Fais chier. À quoi bon vouloir prendre un train qu’on finira forcément par être obligé d’avoir ? Je veux faire plaisir à tout le monde. Amis, familles, collègues, c’est quoi déjà qui me fait plaisir à moi ? J’en ai marre. Les mauvais souvenirs deviennent des bons, les bons deviennent des mauvais. Je veux partir ! RESPIRER.
A quoi ça sert de continuer. Attentat, voiture qui fonce dans le tas, touristes et personnes d’ONG kidnappées en Afrique, massacre en Asie, état des prisons au US et en Russie, violence policière partout, violence sur les policiers partout, ce que tu écoutes c’est de la merde ! Ce que tu fais c’est de la merde ! Tu te souviens quand tu te scarifiais ? Quand on ne s’aime pas soi-même comment être aimé des autres ? Quand on veut être aimé, n’est-on pas déjà totalement pathétique ? C’est quoi l’amitié ? Une bulle de savon qui explose. Arrête de tout prévoir, de tout craindre, de tout anticiper, d’être mal pour rien, de paniquer, d’être dans ta tête. T’as jamais su aimer comme il fallait. Pute, menteuse, salope, monstre, réponds à mes messages ! Réponds davantage. Réponds moins. Arrête les pavés. Écris-moi. Tu es une mauvaise fille. Tu es trop ceci, pas assez ça. Ton frère, ta sœur, ton pote, ta collègue, ton collègue, et si, et ça, et machin. Et machine. Je veux plus entendre parler de toi ! Réponds-moi ! RESPIRER.
Putain, c’est quoi le problème déjà ? J’aime pas être enfermé, mais je peux l’accepter. Ca me fait trop penser. Plus je pense, plus je me perds. Plus je me perds, plus je me noie. Plus je me noie, plus je tournoie. Je veux plus penser à ça ! Je veux plus penser à toi !
Comme des mains qui me tirent de chaque côté. Comme des hurlements à mes oreilles. Comme l’impression de ne jamais être entendu. D’être toujours seule. De ne jamais être comprise. D’être seule. Effondrée, malheureuse, au sol. Ne plus pouvoir respirer. Ne plus pouvoir exister. Et « TATA ELODIE. »
Tata Elodie ! On met la Pat Patrouille ? Tata Elodie, j’ai mangé des pâtes et des concombres ! Tata Elodie, quand qu’on va chez toi ? Tata Elodie, regarde mes jouets ! Tata Elodie, c’est quoi ? Tata Elodie, attention aux escargots ! Tata Elodie, je veux ça ! Tata Elodie, tiens pour toi ! Tata Elodie, papa, maman, petite sœur Héléna. Tata Elodie … mets la visio ! Tata Elodie, tu viens ?
C’est un éclair, un rayon de soleil dans le brouillard. Parce que l’amour transcende. Car ce n’est pas sa mère qui lui dit de m’appeler. Car il veut m’avoir. Car il est heureux rien que de discuter avec moi. Parce qu’il donne sans compter et que je reçoie sans tenir les compte.
Parce qu’il marche dans l’herbe en faisant attention aux escargots. Parce qu’il met les papiers à la poubelle et qu’il préfère marcher que prendre la voiture. Parce qu’il dit bonjour, s’il te plaît, merci. Parce qu’il s’en fout de la couleur de la peau des gens. Parce qu’il s’en fout de la sexualité des gens. Parce qu’il est heureux, quelque soit le dieu. Parce qu’il n’a pas besoin de sucre pour être heureux. Parce qu’il tournoie, qu’il tournoie, qu’il tournoie …
Parce que pour lui, je veux tendre les mains. Respirez ! Soulever des montagnes. Parce que depuis qu’il existe, rien n’a plus la même importance. Qui vivra verra, tant qu’il vit, tant qu’il est heureux, tant qu’il tend les bras et tournoie. Le monde est rempli de Valentin.
C’est ce qui me fait croire en chaque matin. C’est parce que je croie que demain n’est jamais la fin. Parce qu’il y a Valentin.

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